Droit du travailLa clause de non-concurrenceEn usage dans certains secteurs,
notamment dans le domaine du commerce et du marketing, la clause de
non-concurrence a pour objectif d’éviter qu’un salarié, par ses
nouvelles activités, ne porte préjudice aux intérêts de son ancien
employeurObligatoirement écrite, la clause de non-concurrence
doit être prévue dans le contrat de travail initial. Elle peut également
faire l’objet d’un avenant. Dans ce cas de figure, le salarié devra
donner son accord pour rendre cette modification valide. La clause de
non-concurrence peut aussi figurer dans la convention collective.
L’employé doit alors être informé de son existence. Au moment de la
rupture d’un contrat, et de la négociation d’une transaction notamment,
employeur et salarié peuvent également convenir d’une telle clause.
Cinq conditions cumulativesPour être valide, la clause de non-concurrence doit,
depuis 2002 (arrêts de la cour de cassation sociale du 10 juillet 2002),
répondre à cinq conditions cumulatives. Si ces critères ne sont pas
scrupuleusement respectés, la clause sera jugée nulle.
- La clause de non-concurrence doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise. Il appartient à l’employeur de prouver son bien-fondé.
- La clause de non-concurrence doit être limitée dans le temps et ce pour une durée maximale de deux ans.
- La clause de non-concurrence doit être limitée à une zone géographique donnée.
Une clause interdisant à un commercial d’exercer son activité sur
l’ensemble du territoire français, sera déclarée nulle par les
tribunaux.
- La clause de non-concurrence doit tenir compte des spécificités de l’emploi du salarié.
Celle-ci ne peut en aucun cas l’empêcher de gagner sa vie. Elle doit
être limitée afin que le salarié puisse exercer une activité
correspondant à son expérience et à sa formation.
- Enfin, la clause de non-concurrence doit également prévoir une indemnité financière.
Si cette compensation était jugée dérisoire, elle entraînerait aussitôt
la nullité de la disposition. En règle générale, cette indemnité est
comprise entre un tiers et deux tiers du salaire brut mensuel.
Une indemnité financière obligatoireEn aucune façon, une convention collective ou un contrat
de travail ne peut décider de supprimer cette compensation financière.
Il est également intéressant de noter que cette indemnité est due, et ce
quel que soit le motif de la rupture du contrat. Faute grave et
démission du salarié ne dispensent pas l’employeur du versement de cette
indemnité.
Cette compensation doit ensuite être versée mensuellement ou sous forme
de forfait après la rupture du contrat de travail, et ce durant toute la
durée de la clause de non-concurrence. En revanche, si le salarié viole
la clause de non-concurrence, il perd le droit de recevoir cette
indemnité.
Notez enfin que les conseils des prud’hommes sont très
attentifs aux clauses portant atteinte à la liberté du travail des
salariés. Les clauses de non-concurrence sont généralement étudiées avec
beaucoup de soin et la jurisprudence se porte plutôt en faveur des
employés.